Villes et Villages Fleuris


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ÉDITO

Sainte-Anne-d’Auray n’ayant jamais eu le statut de ville fleurie souhaite mettre en avant la gestion de ses espaces verts et naturels. Soixante ans après sa création, le label attribué et contrôlé tous les 3 ans par un jury national issu du Conseil National des villes et villages fleuris, tient compte des évolutions des sociétés et adapte ses critères d’évaluation. Il prend donc en compte les problématiques environnementales telles que la présence du végétal toute l’année, la diversité botanique, les mesures de sensibilisation et de protection, la qualité d’entretien du sol, des eaux et des déchets verts. Cette approche correspond à notre politique communale. Tout est mis en œuvre pour développer et gérer des espaces le plus harmonieusement possible avec des moyens limités. Nos objectifs sont de faire de Sainte-Anne-d’Auray un des sites les plus fréquentés du Morbihan, une commune attractive. Par notre démarche nous contribuons ainsi au développement de la vocation touristique du Morbihan. Nos services sont des acteurs impliqués dans le développement de cette problématique et cela depuis de nombreuses années. Participer au concours des villes et villages fleuris c’est un choix de faire connaître la qualité de nos aménagements et cela avec les moyens d’une petite commune.

Le Maire,

Roland GASTINE.

Mettre en place une gestion respectueuse de l’environnement est l’axe de travail donné au service technique.
L’inventaire des zones humides, la mise en œuvre d’un schéma d’assainissement pluvial, l’application du plan zéro phyto, le choix d’un désherbage mécanique, la réduction des arrosages, la réduction du volume des déchets verts, le choix de plantations pérennes sont des outils et des orientations d’application d’une gestion des espaces.
Un plan de gestion différencié a été validé, il est appliqué dans ses grandes lignes. Le suivi du plan de gestion a fait l’objet d’une étude par un groupe d’étudiants.
La gestion des espaces naturels est  confiée au chantier nature d’AQTA.  Un plan de gestion établi par un écologue détermine les axes de travail pour les 10 années à venir. Un poste d’animateur est créé pour une dizaine d’heures par mois (animation nature, gestion des itinéraires pédestres, valorisation du patrimoine naturel…)
Au printemps 2017 : mise en place d’une commission pour la création d’un jardin partagé. La signalisation des sentiers de randonnée devient effective et validée.
La commune a été primée en janvier 2018 au trophée Zéro Phyto.
Tous nos projets s’inscrivent dans une démarche de développement  durable où les espaces paysagers et naturels s’harmonisent dans une logique de renforcement des corridors écologiques.

L’adjoint à l’environnement, urbanisme et travaux,

Jean-Michel YANNIC.



1.     Lecture de paysage

En remontant en 1961 puis en 1999 et en comparant des photos aériennes, nous pouvons constater que le paysage s’est nettement urbanisé en 38 années. Les parcelles autrefois à vocation agricole ont laissé place aux lotissements. La voirie s’est développée, néanmoins, les voies principales de la commune restent très distinctes comme par exemple la  rue  du  Général De Gaulle. Anciennement appelée Ker Anna, Sainte-Anne-d’Auray faisait partie de Pluneret, ce n’est qu’en 1937 qu’elle se transforma en paroisse et en 1950 qu’elle fut érigée en tant que commune. Afin de parvenir à ce statut, chaque commune environnante a cédé une partie de son propre territoire à intérêt religieux et  historique  pour  regrouper  un  important patrimoine religieux au sein d’une petite commune. Aujourd’hui, la place du patrimoine historique s’impose au sein de cette petite ville de Sainte-Anne d’Auray. La découverte de la statue  de Sainte-Anne par Yves Nicolazic, laboureur du village, a marqué un tournant dans l’histoire de ce hameau de l’époque. Suite à la construction d’une première chapelle dont il ne reste que peu de  traces, divers autres monuments datant du XVII ème siècle comme le cloître (1638-1641 le plus ancien monument historique du sanctuaire), la basilique (1868-1872), le mémorial (1922-1932), ou encore la Scala Sancta (1962 reliant deux ailes de l’ancienne chapelle) se sont dressés à leur tour. C’est donc avec une architecture néogothique que  le  sanctuaire devient le centre de la ville. Lieu de recueillement et de prière, il rappelle l’origine du nom de la commune tout en gardant son rôle religieux. De plus, le centre-ville demeure une étape du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Aujourd’hui, même si le pèlerinage touche de moins en moins les nouvelles générations, Sainte-Anne-d’Auray est le premier lieu de pèlerinage de Bretagne et le deuxième de France après Lourdes. Le sommet de la basilique est perceptible en se promenant parmi les anciennes fermes, les dessertes agricoles ou encore près de la nécropole nationale. Le cimetière dédié aux anciens militaires des conflits de 1870, de la première et seconde guerre mondiale inspire une certaine symétrie et sérénité dans le paysage. Honoré par le Pape Jean Paul II en 1996, cette visite a renforcé la notoriété de la commune. La présence d’immenses murs de pierres laisse une impression de « commune forteresse », un bout de terre à préserver. D’ailleurs, l’un d’eux, le plus imposant, est bordé par l’ancienne voie romaine au nord de la commune.

2.     Ville sanctuaire

Sainte-Anne-d’Auray se situe en Bretagne dans le département du Morbihan, elle dépend du canton d’Auray et fait partie de l’arrondissement de Lorient. Elle se localise plus précisément à proximité de la route nationale 165, au Nord-Est de Pluneret et  au Sud de Plumergat.

3. Une atmosphère verdoyante

La ville de Sainte-Anne d’Auray étant de superficie assez restreinte et l’urbanisation en pleine croissance, les espaces verts y occupent cependant une place prépondérante.

La plupart de ces espaces sont centralisés au bourg de la commune dans des zones d’habitats pavillonnaires, le long des axes routiers.

Nous pouvons notamment prendre comme exemples :

  • Le Parc Camborne, espace regroupant diverses générations telles que les écoliers, autour d’une petite aire de jeu, et les retraités jouant aux boules sur les pistes mises à leur disposition.
  • Le camping municipal « Le Motten »
  • Le square de la Congrégation des filles du Saint Esprit, un site privé, il représente néanmoins un important espace de verdure avec de nombreux arbres
  • La Nécropole crée en 1959 avec ses 2 106 sépultures et une surface de 17 342 m².
  • Le stade de foot qui comprend 2 terrains et des zones intermédiaires enherbées, complétées d’un bassin d’orage.
  • Les différents espaces verts autour des lotissements, changeants d’aspect à chaque saison. Les fleurissements sont majoritairement composés d’espèces annuelles, vivaces et de plantes bulbeuses. Ces dernières sont réutilisées.
  • Plusieurs massifs visibles sur les giratoires ou bordant la chaussée.
  • Une partie du sanctuaire, principal lieu d’accueil du public, est aussi gérée par les agents territoriaux, qui ont ici  privilégiés les plantes couvre sols (Epmédium, Evonymus, rosiers paysage…

En tout, les agents des services techniques concernés par les espaces verts, sont gestionnaires d’environ 12.6 ha, sans compter l’ensemble des massifs. Un balayage et un désherbage des rues s’effectue 1 fois par mois.

Leur but premier étant de mettre en valeur le plus possible la  commune en renforçant le fleurissement des entrées d’agglomération.



4.     La tendance économique

En 1962, la population se résumait à 1 335 Saintannois. Etant en constante évolution celle-ci a presque doublé en 2013 en atteignant 2 495 citoyens. En 2009, la part des logements secondaires reste infime face à celle des résidences principales qui représentent 88.4% sur la totalité. En effet, le taux démographique croît régulièrement et les demandes de constructions sont croissantes d’où une attractivité certaine de la commune. Parmi les activités présentes sur le territoire, c’est le commerce, les transports et les services divers qui occupent un peu plus de la moitié du pourcentage total avec 54%. L’industrie et l’agriculture restent dans les 4 à 5%. Enfin, la part de construction se situe à 10.8%.

Cependant, si l’on compare le nombre d’infrastructures dans l’hôtellerie ainsi que dans la restauration, on constate une nette diminution (en 10 ans nous sommes passés d’une quinzaine d’hôtels à seulement 4).

Le camping Le Motten reste un réel atout pour la commune, puisque non loin du littoral (Carnac, Erdeven, presqu’île de Quiberon,…), il permet aux touristes de profiter du patrimoine littoral, sans les désagréments liés à celui-ci. Autrement dit, c’est un camping calme et familial.


5. La périphérie agro bocagère

Sentier Lann Dourel- Nord Ouest de la commune

Sur ce petit bout de territoire, les habitats sont riches et variés malgré les surfaces urbanisées qui représentent 22.44% des 497 ha et ne cessent d’augmenter. On peut ainsi observer plusieurs haies bocagères longeant des prairies en friches ou encore des exploitations agricoles. Il y a également des boisements de feuillus et de résineux, des zones humides, des arbres têtards et à cavité… Il y a donc une réelle diversité écologique mais fragmentée par l’accroissement de l’urbanisme.

Le maillage bocager est très présent en périphérie de Sainte Anne d’Auray.

Parmi la plupart des haies, on retrouve l’ensemble des strates végétales. La majorité des végétaux appartiennent au milieu forestier. Ce qui paraît cohérent puisque parmi les habitats environnants on distingue des champs, prairies et boisements. Les espèces de strate arborescente les plus fréquentes sont le Chêne pédonculé (Quercus robur) et le Noisetier (Corylus avellana), en strate arbustive c’est le Genêt à balais (Cytisus scoparius) et le Houx (Ilex aquifolium). En herbacées, on distingue ici la Fougère aigle (Pteridium aquilinum), le Lierre grimpant (Hedera helix) et la Ronce des bois (Rubus fruticosus).

Ces espèces-là se trouvent dans des habitats de sols assez secs à assez frais, plutôt acides, à la lumière tout comme à l’ombre. On peut donc constater que ce ne sont pas des espèces exigeantes et qu’elles savent s’adapter aux conditions environnementales. Même si l’on retrouve souvent les mêmes espèces, la richesse spécifique des haies n’est pas excellente. Par contre, la diversité spécifique est palpable car au moins une vingtaine d’espèces compose une haie d’environ 160 m. Les haies situées au nord de la commune sont plus matures que celles situées plus au sud de Sainte Anne d’Auray, elles sont donc plus autonomes.

Mais ces haies sont aussi discontinues ou interrompues. De plus, très peu ont plusieurs connexions avec d’autres haies. Ces derniers aspects correspondent au manque d’entretien des haies bocagères.

Ainsi, on constate que l’agriculture garde également une place prépondérante au sein du patrimoine naturel et historique de la commune. En effet, grâce à cette pratique, il n’y a pas d’enfrichement des espaces ni une uniformisation des paysages.



La mise en valeur d’une zone humide

Il y a maintenant 1 an, la réouverture de la Zone humide de Kerdeliau a  été engagée. Les actions étaient référencées à un plan de gestion, et la mise en œuvre a été confiée à la Communauté de communes Auray Quiberon Terre Atlantique, sous forme de chantier nature par conventionnement.

Aujourd’hui cette première partie de projet est terminée. Il reste à entreprendre l’aménagement d’un sentier d’interprétation afin de sensibiliser la population à cet écosystème.

L’inclusion de ce circuit dans un itinéraire plus étendu est également envisagé, il faudra donc réhabiliter le sentier pour le rendre accessible pour tous et en toutes saisons.

 



Dans une démarche de développement durable

Un fleurissement dense

Une grande partie des sols de la commune de Sainte Anne d’Auray concerne les milieux artificialisés. Ils sont mis en valeur par des espaces plantés et des jardinières. Le fleurissement est très diversifié. Les végétaux sont étudiés et sélectionnés selon les différents facteurs abiotiques ainsi que leurs associations avec d’autres plantes. Ils sont aussi choisis pour leur couleur, hauteur, couverture du sol….

Au cours des saisons, selon le comportement de chaque végétal, le décor évolue et s’intègre lui-même dans le paysage urbain.

On observe une tendance à se diriger vers de plus en plus de plantes pérennes associées à des annuelles ou bisannuelles. La volonté est de substituer la notion de fleurissement à celle de paysage pérenne et éphémère respectueuse de son milieu.

Par manque de moyens le fleurissement aérien est très peu visible sur la commune sauf au travers de balconnières à la Mairie ou à la poste.

La plupart des fleurissements sont en pleine terre sous forme de massifs.

Concernant la strate arborée, elle est souvent ancienne et correspond aux talus plantés. Les plantations d’arbres concernent les zones ouvertes à l’urbanisation Cependant des arbres  fruitiers sont installés et greffés par des bénévoles (pommiers, néfliers etc…).



Remise du Trophée 0 phyto en 2017

Une gestion en respect avec l’environnement

Sainte-Anne-d’Auray a pris la décision de prôner la gestion  différenciée depuis environ 4 ans et à 0 phyto depuis 5 ans.

Ce choix s’inscrit dans une démarche de développement durable ou les activités humaines et l’environnement sont en accord. En effet, l’agriculture étant très présente sur le territoire, afin de limiter la pollution des sols et des eaux, l’utilisation de produits phytosanitaires par les services techniques est interdite. De plus, la gestion  différenciée permet d’adapter ses actions de fauche, de broyage, d’élagage ou autre en fonction du milieu et du cycle des espèces végétales comme animales. Certaines alternatives comme le paillage, sont utilisés pour pallier au traitement par des produits chimiques. Le chaume est un paillage neutre ce qui ne change en rien le pH du sol.

Enfin, les deux pratiques se complètent puisque grâce au système racinaire des plantes, les matières polluantes sont en partie retenues.

Ces gestions sollicitent moins d’intervention de la part des services techniques, donc moins de passage de véhicules, moins de coûts et  plus de temps à consacrer sur d’autres interventions.



Sainte Anne d’Auray est une petite commune qui toutefois désire se faire entendre et se montrer sous son plus beau jour. Consciente de ses forces et de ses faiblesses, la commune poursuit ses efforts dans le but de progresser et d’atteindre ses objectifs. En espérant peut être un jour voir ses efforts récompensés par le label des Villes et villages fleuris.